Monday, June 9, 2008

Députés des Français établis hors de France : une nouvelle étape franchie


Les débats qui ont eu lieu ces deux dernières semaines à l’Assemblée nationale ont évoqué à maintes reprises la question de la future représentation des Français de l’Etranger au sein de l’Assemblée.



Question délicate s’il en est puisque le nombre des parlementaires doit demeurer inchangé et que voter pour ces nouveaux députés implique la diminution du nombre actuel des députés dans l’hexagone.

Mais restons-en aux faits : ces débats ont révélé une telle ignorance de la part des députés présents quant à la situation réelle des Français de l’étranger, ont montré une vision hexagonale et étroite de ce qui compose la population française : allusions ringardes aux « émigrés » (de Coblence, bien sûr) et aux évadés fiscaux, sans parler des milliardaires de Suisse. En nos temps de mondialisation, percevoir les migrants français de cette façon, c’est furieusement béret-camembert-baguette.

Au total il nous faut remercier ces députés qui ont émis des réserves sur la possibilité d’élire des députés des Français de l’étranger ! Merci chers collègues d’avoir su démontrer à votre insu la nécessité de députés de Français de l’étranger, de l’urgence absolue qu’une autre voix s’exprime et témoigne haut et fort en faveur des 2 millions de nos concitoyens établis dans le monde, une voix qui s’exprime loin des clichés de l’expatriation dorée, des placements financiers secrets et des relents xénophobes : une voix qui s’entend au Sénat depuis des années, mais pas à l’Assemblée nationale.

Merci d’avoir œuvré si bien dans le débat que, pour finir, une majorité s’est constituée « pour » la représentation à l’Assemblée nationale des Français établis hors de France.
Les sénateurs pousuivront le débat dans la sérénité, sur des bases saines.

Oui les Français de l’Etranger doivent être représentés à l’Assemblée nationale. Mais ils ne doivent pas l’être au détriment des Français des circonscriptions les plus peuplées auxquelles le redécoupage électoral enlèverais les 10 ou 12 sièges nécessaires. Il n’est pas possible d’instituer des députés de l’étranger sans élargir d’autant l’Assemblée nationale. Second point : le scrutin uninominal à deux tours avec un intervalle d’une semaine est impraticable à l’étranger. Seul le scrutin proportionnel à un tour l’est. Si le gouvernement maintient ces deux positions-là, cela signifiera qu’en réalité, en pratique, il ne veut pas instituer de députés des Français à l’étranger.

Monique Cerisier ben Guiga est une sénatrice représentant les Français établis hors de France le 27 septembre 1992 et réélue le 23 septembre 2001.

http://www.senateursdesfrancaisdumonde.net/monique-cerisier-ben-guiga/

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