La commission des Affaires Sociales s'est réunie les 3 et 4 mars 2008 à Paris dans le cadre de l’assemblée plénière de la 8ème Assemblée des Français de l’Etranger.Les principaux travaux de la Commission ont porté sur les points suivants :
1) Les conditions de l’Assurance-chômage des Français établis hors de France (GARP, ASSEDIC)
Depuis 2005, la Commission des Affaires sociales a intégré à de nombreuses reprises cette question dans ses travaux ayant constaté que les Français résidant hors de France et qui cotisent à l’assurance chômage sont pénalisés de 3 manières si on les compare aux assurés en France:
a) le montant des cotisations payées est supérieur à ce qu’il est en France,
b) les durées de cotisation nécessaires pour avoir droit à une indemnité sont plus longues,
c) il faut rentrer en France pour percevoir ces indemnités.
En 2007 la Commission avait adressé une lettre au Ministre de l’Economie lui demandant de porter cette question auprès des partenaires sociaux.
La réponse reçue du directeur de cabinet de Mme Lagarde à la résolution AS R2-07-03 de mars 2007 est négative pour les trois points soulevés par la Commission.
• La diminution du taux de cotisation des salariés ou la prolongation de la durée
d’indemnisation pour les aligner sur ceux des salariés qui vivent en France sont
rejetées car il appartient aux seuls partenaires sociaux, gestionnaires de l’Assurance-chômage d’en décider.
• La demande de pouvoir percevoir les indemnités chômage tout en conservant sa
résidence à l’étranger est rejetée car la règlementation actuelle ne le permet pas et la
proposition de la Commission des Affaires Sociales de confier aux Comités Consulaires pour l’Emploi et la Formation Professionnelle le suivi des demandeurs d’emploi est jugée irréaliste et inacceptable, ces Comités n’existant que dans un nombre limité de Consulats.
• Enfin le Directeur de Cabinet de la ministre souligne également que la demande de représentation exofficio de l’AFE au sein des négociations avec les partenaires sociaux dépend d’accords négociés au plan national par les partenaires sociaux.
Le groupe des élus ADFE à l’AFE considère cependant qu’un dialogue avec les partenaires sociaux serait souhaitable.
2) Le recouvrement des pensions alimentaires
Etaient invités à la Commission :
- M. Richard BOS, Sous-Directeur à la Sous-Direction de la Coopération internationale en droit de la famille du MAEE,
- Mme Claire-Agnès MARNIER et M. Pierre de LAPASSE, Magistrats, Bureau de
l’Entraide civile, Ministère de la Justice.
La première partie de l’intervention de Mr BOS est consacrée aux procédures possibles pour obtenir la mise en recouvrement de pensions alimentaires non payées auprès du parent rentré en France et ayant laissé à l’étranger femme et enfant qui trés souvent sont en situation de détresse .
M. BOS rappelle que le rôle de son bureau est d’être le centre de liaison avec les autorités
centrales des états parties à la convention de New York de 1956 .
Son bureau traite environ 2000 dossiers par an dont le plus grand nombre provient de
pays européens, notamment la Pologne, le Portugal, la Belgique, la Suisse et l’Allemagne.
Cependant la mobilité des familles ainsi que les mariages et concubinages bi-nationaux ont considérablement augmenté le nombre de dossiers provenant de tous pays .
La constitution d’un dossier par ce bureau se fait en deux temps:
- un temps de médiation le Bureau prenant contact avec le débiteur pour lui faire prendre conscience de ses obligations.
Il peut aussi se faire l’intermédiaire d’une négociation entre le créancier et le débiteur si le débiteur fait une offre de paiement de la pension inférieure à celle définie dans le jugement en raison de sa situation financière.
- si la médiation n’aboutit pas, il y a alors nécessité d’enclencher une procédure judiciaire qui peut commencer même si l’adresse du débiteur n’est pas encore connue.
Pour cette procèdure, il est possible d’obtenir une aide jurisdictionnelle même lorsque l’épouse est étrangère dès lors que les enfants sont français.
M. BOS indique que si la situation a changé, la mère peut resaisir le juge pour faire ré-étudier le dossier. Il indique également que la saisine de son bureau est faite par l’autorité centrale du pays de résidence et non pas directement par les personnes intéressées.
A noter que:
- dans les pays qui ne sont pas parties de la Convention, le Consulat peut jouer un rôle de médiateur.
- pour qu’un délit d’abandon de famille soit constitué en France en cas de non-paiement de la pension alimentaire, il faut que le ministère public intervienne.
- il faut impérativement faire enregistrer le jugement prononcé à l’étranger auprès du Tribunal de Grande Instance du lieu de résidence du débiteur (s’il est connu) avant que le bureau puisse intervenir.
- les délais nécessaires pour une procédure complète sont d’environ 6 mois pour la constitution du dossier, et d’un an à un an et demi pour la décision judiciaire.
3) La délivrance de la carte vitale à puce et remboursements des frais médicaux pour les retraité Français résidant à l’étranger
Monsieur Claude Levy responsable du département réglementation - conventions internationales à la CNAM- a semblé très surpris d’apprendre les difficultés que peuvent rencontrer nos retraités Français à ce sujet et il a jugé opportun de lever toute ambiguité, à savoir :
- Qu’un retraité Français résidant à l’étranger ne peut obtenir la carte vitale du fait de la non résidence en France et de l’absence d’un médecin référant .
- Que toute retraite française versée à un résident Français à l’étranger lui confère un droit d’ouverture inaliénable à la Sécurité Sociale du fait du prélèvement d’une cotisation sur sa retraite .
Cependant il reconnait qu’en pratique l’attitude de certaines caisses est parfois déroutante ceci en partie dû à l’ignorance du personnel sur les droits de ces retraités .
Pour obtenir le remboursement de frais médicaux la marche à suivre est donc la suivante :
Contacter la CRAM ou la CNAM du lieu de domicile et demander l’ouverture d’un dossier qui se fera sur présentation du passeport,de la notification de retraite et d’un RIB .
Ce dossier devra cependant être réouvert à chaque séjour et la même procédure devra donc être reprise.
S’il s’agit d’une hospitalisation d’urgence les services administratifs de l’hôpital feront le nécessaire mais toujours sur présentation des documents ci-dessus cités .
Marie-Claire Guilbaud
Déléguée ADFE à l’AFE


